Anesthésiée

Seule au milieu de la foule.
Seule au milieu de la musique.
Je me sens éteinte.

Inerte au milieu de ce monde qui tourne, avance, dans un mouvement perpétuel, implacable, je regarde autour de moi. Je ne vois que peu de regards briller. On est tant à être seuls. Tous ensemble. Lire la suite

Puis un jour, on regarde en arrière…

Il y a eu l’entrée au collège, ce changement d’environnement qui a conduit à s’écraser et apprendre ce que c’est que d’avoir peur des autres, plus violents, plus insultants, plus malveillants que ce qu’on avait pu connaître jusque là. Pas parce qu’avant ils ne l’étaient pas, juste parce qu’avant, être la fille de la directrice, ça protégeait un peu, même si ça nourrissait certaines haines.
Il y a eu l’adolescence et son lot de bouleversements physiques, psychiques, de conflits familiaux, de cris, d’insultes, de sentiments d’injustice, d’incompréhension.
Il y a eu le licenciement, le déséquilibre familial, les doutes parentaux, les remises en question du mariage, les menaces (mêlées d’espoir ?) de déménagement.
Il y a eu l’envie de faire un bac STL, là-bas, loin de la maison. Mais non, ça aurait été du gâchis avec de tels résultats alors on se laisse convaincre par la filière générale par la prof’ principale, pour viser plus haut. Lire la suite

Le refus de la musique

Se retournant, seule dans son lit, ne trouvant le réconfort d’aucune présence
Se relevant au beau milieu de la nuit, le sommeil s’enfuyant indéfiniment
Traversant l’appartement, les pieds nus sur le carrelage gelé
S’asseyant à son piano, trop longtemps délaissé Lire la suite

Sur un air du passé

La nuit a été courte, comme bien des nuits dont j’avais le secret lorsque j’étais adolescente et que je veillais jusqu’à des heures indues afin de dévorer quelques pages de plus d’un livre de Fantasy. Cette fois, ça a été pour un Tolkien que je souhaite lire depuis une douzaine d’années. Son commencement a été repoussé maintes fois, depuis que la lecture du chapitre aux tréfonds de la grotte d’Arachne dans le Seigneur des Anneaux, m’a valu une peur panique du haut de mes 12 ans. Lire la suite

La vie commence maintenant 2

Ce billet est la suite de celui-ci.

Mais la vie ne commençait pas à ce moment-là.
Elle ne commencera pas non plus le lendemain du prochain concours.
Elle ne commencera pas après la prochaine épreuve, après la prochaine aventure, ni à partir de la prochaine rencontre.

La vie a commencé, il y a 25 ans. Lire la suite

En équilibre sur un fil

Mon fil s’est rompu.

Je suis tombée. La chute a été brutale. Ce n’était pas un simple trébuchement, vite rattrapé par un jeu de bras et de contorsion. Juste une chute rapide, violente, vertigineuse.

Puis un nouveau fil s’est tissé sous mes pas. Très fin, pour commencer, il s’est rompu plusieurs fois, provoquant de nouvelles chutes prévisibles. Après chacune de ces chutes, un nouveau fil s’est tissé. Il a fallu plusieurs essais, plusieurs ruptures, plusieurs faux pas, car marcher sur un fil très fin, ce n’est pas facile. Lire la suite

La vie commence maintenant 1

Je me souviens du jour où j’ai eu mon concours. Je me suis dit : “Ça y est ! La vie commence maintenant !”.
Je m’étais libérée de la personne qui partageait ma vie depuis 3 ans et demi car nous avions trop de différends sur nos façons de la voir, cette vie. De toute façon, notre relation n’était pas en adéquation avec mon concours. Lire la suite