La bienveillance

« Bienveillance : disposition affective d’une volonté qui vise le bien et le bonheur d’autrui. »

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Comme tout un chacun, j’ai de nombreux principes. L’un d’eux, je l’ai énoncé lorsque j’étais en 5e. Je me souviens que j’étais en Arts plastiques. Je me souviens que je l’ai dit à une copine. Je ne me souviens pas pourquoi je l’ai dit. Je ne me souviens pas si j’avais lu ça quelque part, un jour, ailleurs. Je crois que c’est sorti de nulle part. Je l’ai formulé intérieurement et ça a été comme une révélation. Je me revois l’écrire sur mon agenda pour ne pas l’oublier. Je l’ai dit à ma copine et depuis ce jour, cette phrase ne m’a jamais quittée :

« Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse. »

Avec le temps, ce principe a évolué en une façon de vivre. Face à une situation, j’essaie autant que possible d’agir de la façon dont j’aimerais que les autres agissent envers moi. Ce n’est plus seulement « ne pas faire ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse ». Aujourd’hui, ce principe s’est mué en « faire ce que tu aimerais pour toi-même ».

Je vous vois venir. Non, je ne suis pas un ange, je ne suis pas parfaite, bien loin de là. Il m’arrive de faire du mal, de ne pas tenir compte de ce principe et de laisser ma colère, mon agacement, ma fatigue, ma routine ou juste ma méchanceté s’exprimer. Au détriment des autres.
Parfois j’en tire de la satisfaction, parfois j’en tire de la culpabilité. Mais, finalement, le plus souvent, je finis par me détester. Je me liquéfie à l’idée qu’on puisse se comporter ainsi envers une personne que j’aime ou envers moi.

Je ne réfléchis pas à faire les choses comme la société nous laisse penser qu’il faudrait le faire. Je ne fais pas partie de ces gens qui voient un message et ne vont pas répondre car « il faut le/la faire attendre » alors même que l’on a envie de répondre. Je ne le fais pas parce que je trouve ça inutile et malhonnête (envers soi, envers l’autre). Je ne le fais pas parce que je n’aimerais pas que si on voit un message de moi, on mette 3 heures, 3 jours ou 3 semaines à répondre, sous prétexte que la réponse instantanée peut laisser penser que je suis désespérée ou que je ne fais rien d’autre de ma vie ou je ne sais quel préjugé creux.

Par contre, je réfléchis beaucoup à mes actions.
Quand c’est possible, j’y réfléchis en amont, avant d’agir, j’essaie d’analyser la situation, j’observe ce que je ressens, ce que mon intuition me dicte, j’en parle, j’écoute ce que les autres me conseillent. La majorité du temps, je constate que ce que l’on me conseille va à l’encontre de mon instinct. Mon instinct me dicte d’agir de la façon dont j’aimerais qu’on agisse avec moi. Ainsi je laisse de côté nos réflexes égoïstes ou méprisants.
Quand j’agis avec spontanéité, parfois c’est bien, parfois c’est mal. Vraiment mal. J’ai souvent une explication à mon action spontanée. Mais quelle que soit l’explication, si l’action porte préjudice à autrui, elle va me hanter. Même si une petite voix me murmure « oh, il l’a bien mérité hein, ça va ». Alors, j’y réfléchis en aval. Je m’interroge sur les raisons qui ont poussé ma spontanéité à s’exprimer ainsi. Je remets en question ces raisons. J’imagine les conséquences. Trop tard. Trop tard pour cette fois, mais une leçon est toujours tirée d’une action qui a été remise en question.
Je considère que respecter ma spontanéité naturelle, bien que parfois (souvent) maladroite, c’est faire preuve d’honnêteté. Un autre principe important pour moi. Mais cette spontanéité ne doit, idéalement, pas prendre le pas sur le respect et la bienveillance.

Regardons de plus près ce que ça donne :
La réflexion permet d’agir avec bienveillance, prendre le temps de traiter l’autre comme on voudrait que l’on nous traite.
La spontanéité permet d’agir avec honnêteté, ça sort comme ça sort, c’est bien ou c’est mal, mais c’est fidèle à notre ressenti.
Bon, parfois la réflexion nous conduit à être honnête, en pensant qu’on sera aussi bienveillant et le résultat est une catastrophe, rien n’est parfait.

L’équilibre entre bienveillance, honnêteté, spontanéité n’est jamais le même, jamais parfait, jamais idéal. Mais il m’assure d’être fidèle à moi-même et plus que tout, il m’assure de considérer chaque individu que je croise comme un être vivant qui mérite qu’on se donne du mal pour le traiter avec respect, avec empathie, avec humanité.

Je regrette de n’avoir pu bénéficier d’une telle bienveillance par le passé.
Je regrette que la bienveillance ne fasse pas partie des qualités que le monde souhaite cultiver.

Il me semble que cultiver sa bienveillance permet de ne pas sombrer dans l’égoïsme, le mépris, l’oubli que les gens que l’on côtoie chaque jour, ou une seconde dans notre vie, sont des êtres vivants.

Il me semble que c’est de mon devoir de faire preuve de bienveillance, en tant que personne douée de conscience, de réflexion, d’empathie.

Ces principes ne sont que des règles de vie qui me tiennent à cœur. Ils sont moi. Ils ne m’assurent jamais de bien traiter les autres, de ne pas leur faire du mal. Mais je m’efforce voire je m’épuise à les appliquer en espérant que ça apporte quelque chose aux autres.

Le plus souvent, ça implique que je me vide de mon énergie.
Le plus souvent, je n’en retire rien.
Le plus souvent, les autres ne mesurent pas ce que ça m’a coûté.

Parfois, ça permet à quelqu’un d’avancer.
Parfois, ça empêche quelqu’un de sombrer.
Parfois, j’ai l’illusion que ce que ça m’a coûté en valait la peine.

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