Tout et rien

Je suis un peu triste ce soir. En même temps je vais bien. Mais je suis un peu triste.

Je n’ai pas écrit depuis longtemps. J’ai envie d’écrire mais je n’ai rien à dire. Ma vie file doucement, les choses reprennent leurs places doucement. Il ne reste que mon plafond qui est toujours inexistant. Mais plus pour longtemps. Sinon, ma vie d’étudiante a repris un cours plutôt normal. Du coup, je n’ai rien à raconter, rien à dire.

Pourtant mes pensées bouillonnent. Il s’est passé ces choses en France, dans le monde dernièrement qui ont fait naître en moi bien des pensées, des interrogations, des débats intérieurs. Mais je n’ai pas envie de m’exprimer sur ces événements ici. Je n’ai pas envie d’exprimer une opinion qui pourrait avoir changé la semaine prochaine. Je n’ai pas envie de confronter les gens à toutes mes contradictions face à tout ça. Du coup, je n’ai pas envie d’écrire dessus.

J’ai bien des brouillons, beaucoup de brouillons, qui traînent. Avec une idée, une phrase, une musique, un souvenir. Mais je n’ai pas été frappée par l’inspiration pour pouvoir sortir ce que j’ai au plus profond de moi à partir de ces brouillons. Je me demande si un jour, ça sortira. Pourtant, j’y tiens à ces brouillons. Ils parlent de choses qui me tiennent à cœur, des choses qui m’ont construite, des pensées furtives qui ont été sources de sentiments, de réflexions, de sourires. J’espère juste qu’ils ne resteront pas indéfiniment à l’état de brouillons.

Ma vie est chouette. Je travaille à un concours qui me tient à cœur et auquel je n’ai pas pu consacrer mon énergie l’année dernière. J’ai retrouvé le plaisir d’être seule. Pas complètement. Juste suffisamment pour me sentir bien avec moi-même. Et ça c’est vraiment chouette. Ça faisait longtemps. Cela faisait plus de 4 ans que j’avais pas eu ce sentiment d’être le centre de mon monde. Et de me sentir bien, seule dans mon monde. Puis c’est important pour le concours ce ressenti. Ça va m’aider à traverser ces 11 mois sans perdre pied. Mais j’ai retrouvé ce sentiment il y a peu. Et je n’ai pas retrouvé suffisamment de confiance pour m’appuyer sur l’idée que ça va durer le temps qu’il faut. Alors on verra bien. Oui, parce que ma devise c’est « on verra bien ». Un pied devant l’autre, on avance et on verra bien où nous amène. Quelque soit le chemin, ce sera forcément quelque part. Au fond de moi, j’ai la certitude que ce sera quelque part de bien. Même si mon aigreur des derniers mois m’intime de rester prudente face à cet optimisme.

J’ai peur de ne pas être à la hauteur de ce que j’ai réussi à sortir au cours de cette première année d’écriture. Ma mélancolie me donnait l’inspiration. Mon incapacité à travailler me laissait le temps de mettre le nez dans mes photos pour vous les partager. Mes retrouvailles musicales m’ont permis de voyager avec vous, mes doigts glissant sur mon piano. Mais là je n’ai plus l’inspiration. Mon temps est limité. J’ai peur de laisser ce petit coin à l’abandon.

Du coup, je suis un peu triste ce soir. . En même temps je vais bien. Surtout maintenant que je me suis laissée écrire.

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