La vie commence maintenant 1

Je me souviens du jour où j’ai eu mon concours. Je me suis dit : “Ça y est ! La vie commence maintenant !”.
Je m’étais libérée de la personne qui partageait ma vie depuis 3 ans et demi car nous avions trop de différends sur nos façons de la voir, cette vie. De toute façon, notre relation n’était pas en adéquation avec mon concours.
J’avais travaillé dur. Quand on triple une première année, on travaille dur. Aussi dur que ceux qui l’ont en une ou deux fois. Seulement nous, ça fait 3 ans qu’on revoit les mêmes choses, 3 ans que les amis que l’on se fait dans la promotion passent dans l’année supérieure, 3 ans que l’on fait des sacrifices sur le prétexte du concours, 3 ans qu’on a du mal à être compris par son entourage, car finalement si on y est pas passé, c’est difficile à concevoir comme épreuve.

Pourtant, on ne peut pas dire que ma première première année comptait vraiment, en terme de travail du moins. Plus touriste que moi, à part ne pas mettre les pieds à la fac, c’était pas possible. Mais ça ne m’a pas empêchée de voir passer les gens que j’avais rencontré, de retourner sur les bancs de l’amphi pour les mêmes cours (bon, j’avoue, j’ai adoré la P1 : les cours, les profs, l’ambiance), de passer mon temps à dire “non, désolée, je peux pas, je dois travailler” même si au final je ne travaillais pas, j’avais loupé le coche pour cette année-là de toute façon. Mais les sacrifices ont été là quand même.

3 années un peu particulières, donc. Qui se terminent par un “ADM” sur un tableau d’affichage. Une joie immense, même si je dois l’admettre, ce n’était pas une grosse surprise. On est jamais sûr pour un concours, mais au fond de moi, je savais que j’avais réussi. Mais là, sur cette feuille, au milieu de la foule, c’était officiel.
Le souvenir de mon groupe de copines : elles qui l’avaient toutes eu l’année précédente sauf moi, qui l’avait loupé de 20 places, à leur faire des sourires, à les féliciter, à aller fêter ça avec elles alors qu’au fond, moi je repartais encore pour un tour (enfin, je ne le savais pas encore, le triplement, c’est pas automatique), sans elles.

Ce souvenir, évanoui. Juste le soulagement que ça y est, c’était fait. Et que la vie commençait maintenant.

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