Colère

La colère. Ce sentiment qui se transforme bien souvent en rage sans borne, qui n’épargne rien sur son passage, mue une douce personnalité en un feu ardent, inatteignable et inéteignable…

Je mets du temps avant d’éprouver de la colère. Je traverse d’abord toute une période où je cherche des explications, des raisons qui ont pu pousser une personne à me faire du mal ou faire du mal à un de mes proches et j’excuse… C’est quasiment systématique, j’excuse. Je trouve toujours à comprendre ce qui a conduit cette personne à propager le mal et la douleur.

Mais cette période ne dure qu’un temps.

Le temps de la repentance du coupable.
Le temps de la réflexion sur ses actes.
Le temps de la remise en question.

Puis mon feu intérieur commence doucement à crépiter, d’abord hésitant. Est-ce justifié que je sois en colère contre lui ?

Progressivement, il est alimenté, devient plus dense, nourrit par les bûches apportées par le destinataire de cette colère. Car pour que la colère prenne place, il faut que le coupable ait assis sa position, son comportement, ses gifles, jusqu’au moment où les excuses que je lui trouve ne suffisent plus pour comprendre le mal engendré.

Chacun est amené à faire mal un jour, ponctuellement, car parfois c’est nécessaire, ou maladroit. Mais a-t-on toujours suffisamment de vraies raisons pour assoir le mal que l’on fait à l’autre ?

Le feu grandit donc. Il grandit à un tel point qu’il devient inmaîtrisable. Il prend le pas sur la conscience, qui tente de l’évacuer, et se propage à l’inconscient. Cet inconscient capable de le véhiculer dans nos rêves, nos cauchemars surtout.

Ce feu consume, me consume.
C’est rare qu’il atteigne le destinataire de la colère, qui bien souvent mériterait d’être violemment secouer par le mal qu’il a fait.
Je souhaiterais qu’il se propage, qu’il envahisse les personnes qui m’aiment et se déverse sur ce destinataire.
Mais à quoi bon espérer le mal ?

Finalement, après quelques semaines, quelques mois, voire plusieurs années, le feu finit par se fatiguer, s’épuiser d’avoir tant crépité… Et il s’éteint, doucement, sans même que l’on s’en rende compte.

Par contre, bien souvent, la blessure reste. Cicatrisée, mais bien là.

Je n’oublie jamais.

(Ce texte est né d’une #DefDuJour de @tamimi2213, puis d’un échange avec @pernelle44 et @tilleul56. Merci à elles, pour l’inspiration, la réflexion, les échanges qu’elles m’apportent régulièrement.)

Edit : Vous pouvez retrouver la réponse de Pernelle ici. L’échange continue… Toujours !
Edit 2 : Une nouvelle venue a réagi suite à ces billets @irisplicata, c’est .

2 réflexions au sujet de « Colère »

  1. Je ne vois ton commentaire qu’après l’édition du billet pour ajouter ta réponse que j’ai vu via Twitter.
    Des bisous ma douce.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *