Tourbillon

Ce soir, je tourbillonne.
Ma tête tourbillonne.
Mes pensées tourbillonnent.

Je suis littéralement emportée par un tourbillon de sentiments que j’ai bien du mal à démêler. Je dois parvenir à faire la part des choses. Je dois impérativement prendre des décisions, aujourd’hui, ce soir, cette semaine, au plus tard. Je dois faire du tri dans ce que je vis, ce que je ressens.

Je dois bien réfléchir, faire les bons choix, pour qu’après avoir été jetée à terre, je vive les 9 prochains mois de la manière la plus stable et la plus sereine possible pour obtenir ce que je veux.

C’est important pour moi. C’est important pour mon avenir. C’est important pour ma vie.

Je sais ce que je veux, je sais théoriquement ce que je devrais faire pour l’obtenir. Mais je veux plusieurs choses qui sont, actuellement, en contradiction les unes avec les autres.

Comment gérer à 25 ans un concours difficile, exigeant, éprouvant, que l’on souhaite obtenir depuis des années et une vie personnelle terriblement mise à mal, des projets de stabilité et de famille totalement anéantis ?

Si ma vie personnelle avait été stable, la question ne se poserait pas. Tout irait de soi. Mais là, il faudrait que je fasse preuve d’abnégation sur celle-ci. La mettre entre parenthèse durant 9 mois pour mettre toutes les chances de mon côté pour avoir le concours.

9 mois, le temps de gestation pour l’être humain.
9 mois, le temps de gestation pour un concours ?

En suis-je seulement capable ? Tout mettre de côté pour ce vieux projet, alors que je suis isolée, à des centaines voire des milliers de kilomètres des personnes qui me sont les plus proches.
Est-ce seulement possible pour moi de vivre 9 mois de sacrifice total en étant ici, loin de tous ces gens qui ont été mes soutiens physiques quotidiens ces dernières années ? Ils ont été là pour chaque coup dur, pour chaque chute, à me tendre une main et à me relever.

Je n’arrive pas à répondre à ces questions.

Je sais que mon égo, mon estime de moi ont grand besoin d’être regonflés, après avoir été littéralement piétinés comme une vulgaire fourmi traversant un trottoir… Invisible, insignifiante.Je sais que j’ai besoin de rencontres, de renouveau, de me sentir entourée, soutenue ces dernières semaines.
Mais quel est le prix à payer ? Est-ce que cela doit être au prix de plusieurs années de travail pour un projet professionnel ?

Je dois prendre des décisions, faire des choix. Maintenant.

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4 réflexions au sujet de « Tourbillon »

  1. Occupe-toi de toi MAINTENANT. Serais-tu heureuse, même amoureuse, même proches de tous les tiens si le but que tu t’es fixé professionnellement et pour qui tu as tant sacrifié déjà n’était pas atteint? Peut-on être heureux, rendre heureux, quand les fondamentaux qui nous structurent ne sont pas solidement plantés sous nos pieds? 9 mois, ce n’est rien, c’est le temps d’une mise au monde. La tienne. Cela ne signifie pas tout sacrifier, passer à côté de rencontres ou de moments légers et régénérants. Cela veut juste dire écarter ce qui pourrait être nuisible à TON projet qui doit passer par l’obtention de ce satané concours. Tu n’as pas à mener une vie d’ascète recluse pour y parvenir. Il faut juste que tu sois vigilante sur la hiérarchie MOMENTANÉE des priorités et la qualité des gens que tu vas laisser entrer dans ta vie. Si ils viennent pour juste y mettre le désordre, tu passes ton chemin rapidement. Les gens qui t’aiment ou t’aimeront veilleront eux, éloignés ou non, à t’aider de mille façons, même si cela signifie moins profiter de ta présence. L’amour, à quelque niveau que ce soit, est reconnaissable à cela : il accompagne, dans les passes ardues ou dans les périodes plus faciles, sans considérations comptables et nombrilistes. Dans ce virage fondamental pour la suite de ta jeune pousse de vie, c’est à ton terreau personnel qu’il faut te consacrer. Tu es riche déjà de plein d’amour. Celui avec un grand A t’aimera plus sûrement si toi tu ne t’es pas amputée d’une partie de toi-même avant même de le rencontrer. Je t’envoie plein de pensées anticycloniques ma belle!

  2. Bonjour,

    ça me replonge quelques années en arrière… c’est vrai que ce concours (j’ai connu la version vintage avec l’admissibilité et l’admission séparée…) arrive souvent à une période de la vie où on aspire à un gros paquet de projets tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. Maintenant, avec le recul c’est vrai que ces 9 mois de gestation constituent réellement un nouveau départ avec souvent un changement complet (de ville, d’entourage avec ces co-internes qui deviennent progressivement des amis,…). D’un point de vue personnel, même si je vois nettement moins mes amis de fac qui ont suivi eux aussi leur propre route, c’est dans cette nouvelle vi(ll)e que j’ai rencontré ma femme (depuis 10 ans maintenant et que nos 2 enfants s’épanouissent…)
    Bref, n’oublie (je me permet le tutoiement chère consoeur) pas que ce que tu es, et ce que tu sera n’est que le fruit de ton bagage personnel. Ce tourbillon que tu décris, je le connais et je l’ai vécu, tout le monde (ou une grande partie en tout cas) le vit dans ces instants charnières. Il est tout à fait normal de douter lorsque l’on prend un chemin et que l’on plonge dans l’inconnu. Que sont ces 9 mois à l’échelle d’une vie accomplie et heureuse ? Les gens qui tiennent à toi seront là quelque soit ta décision.

    Je pense que dans le monde de la pharmacie, l’important est ce que l’on fait de son diplôme de pharmacien (et ce quelque soit son domaine d’exercice) et de réussir à faire ce que l’on aime, je dois avouer que j’ai adoré mon internat et je te souhaite une grande réussite pour ce concours. Pense à toi, hiérarchise tes priorités, construit les bases de ton bonheur personnel (ça fait un peu pyramide de Maslow…) et le reste suivra. (d’une façon terre à terre: il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets)

    Bon courage

  3. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre (et quelle réponse !). Je vais garder ces commentaires précieusement pour les jours où les doutes seront trop forts !
    J’ai horreur des regrets, j’espère parvenir à faire de mon mieux pour ne pas en avoir dans cette aventure.
    Merci encore ! Vraiment.

  4. Faire le bon choix !

    Nous faisons à chaque choix , le bon choix .
    Au moment où nous le faisons , c’est le meilleur choix .

    Avec le temps, il peut s’avérer n’avoir pas été un choix judicieux .
    Mais pour le savoir , il a fallu le faire, ce choix .
    Donc, il faut se faire confiance et surtout savoir que chaque choix que l’on fait est le meilleur pour nous .
    Il ne faut pas avoir d’inquiétude particulière sur ce choix qui est toujours le bon choix.

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