Sur un quai

Attendre sur un quai de gare.
Regarder défiler les gens.

Tant de gens passent, à une vitesse folle.
Ils ont l’air si pressés, si taciturnes.
Tout juste des regards échangés.
Jamais l’esquisse d’un sourire.

Ils rentrent chez eux après une journée de travail, de promenade, de visite ou d’emplettes.
Sûrement bien d’autres choses sont possibles dans cette ville qui ne dort jamais.

J’aime les regarder passer, défiler, se précipiter aux portes du train de banlieue qui se referment inexorablement.
J’aime tenter d’échanger un regard ou une tentative de sourire, souvent (toujours ?) vaine.

J’aime imaginer que par leurs actes, certains jouent sur ma vie, mon quotidien sans que je le sache.
D’autres doivent faire des choses si importantes que je ne suis pas en mesure de les concevoir.
D’autres encore doivent sans doute œuvrer utilement dans des spécialités qui ne m’atteignent pourtant pas.
Puis il y a ceux qui survolent toute cette foule et semblent appartenir à un autre monde.

Tant d’individus qui ont une vie, un travail (ou non), un toit (ou non), une famille (ou non), des passions (ou non).

Tant de rencontres possibles et impossibles.
Tant de personnes que je ne recroiserai pas.
Tant de gens qui peuplent ce monde sans que je puisse savoir qui ils sont, ce qu’ils font.

Quand j’essaie d’imaginer la multitude de vies que cela représente, j’ai le tournis. Comme lorsque je tente de me représenter l’infini.

Et c’est ça la vie.

2 réflexions au sujet de « Sur un quai »

  1. Ma Lili… Si sensible si juste dans ce qu’elle saisi du monde …
    Ton hypersenbilité m’emeut aux larmes parfois …
    Même si je ne le dis pas ( on n’est pas des bisounours merde !).
    je peux le dire a toi tout doucement dans le creux du secret .
    Je t ‘aime < 3

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