Un matin

Sortir violemment des brumes du sommeil, un matin.
Bien avant l’aube, émerger dans le froid de la nuit encore noire.
Prendre la route, la faible lumière du vélo tentant de briser l’obscurité.

Découvrir la faible lueur de l’aurore poindre timidement à l’horizon,
Veillée par la Lune et les quelques étoiles survivantes à la lumière émergente,
Émerveillée de ce spectacle, dans le calme de la ville encore endormie.

Le hasard du calendrier plonge le monstre, habituellement éclairé, dans le noir.
L’ombre des arbres et des bâtiments se dessinent à peine sur le ciel encore obscur.
Des couleurs bleutées commencent à chasser la noirceur de la voûte céleste.

Parcourir en silence, les artères presque désertes,
L’haleine étouffante et à la fois sereine du monstre se réveillant à peine,
Sentir la respiration ronronnante et ralentie de celui qui bientôt fourmillera d’activité.

Les petites mains douces et précises de ceux qui n’ont cessé,
Durant la nuit, de le faire respirer et le panser,
Déjà à l’action, pour préparer les patients et la venue de la masse de soignants.

Petite externe sans rôle défini, il n’aura pas été facile de sortir du lit aux aurores pour rejoindre ce monstre endormi afin de découvrir un peu plus le travail des petites mains. Mais le spectacle de cette fin de nuit, à travers la ville et l’hôpital (plongé quelques instants dans le noir, à mon arrivée, afin de vérifier le bon fonctionnement des groupes électrogènes) m’aura contentée par sa beauté et sa poésie. Et c’est avec ce doux souvenir que je parviendrai à m’extirper de ma couette demain matin, pour découvrir ce que l’aube me livrera cette fois-ci.

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