Ivre de piano

Mes doigts glissent sur ce doux ruban noir et blanc.
Les notes résonnent, filent et s’entremêlent, formant le doux chant de mon amant.
Mes mains dansent au rythme du morceau.
Mes poignets oscillent en vagues, de bas en haut.

Faisant fi des fausses notes qui se faufilent dans la mélodie,
Ignorant mes doigts qui vrillent, échappant un si ou un mi,
Mon esprit se laisse emporter,
Loin des pensées qui troublent sa paix.

Les yeux par moment fermés,
Je navigue sur cette douce mélopée.
Le temps file et ma tête vacille, fatiguée.
Je sens mes épaules crispées qui tentent de lâcher prise pour retrouver un peu de liberté.

Toutes les tensions de mon corps finissent par se relâcher,
Mes pensées mélancoliques s’envoler.
Ma vision se trouble, je me sens décoller.
Et mes mains poursuivent leur danse effrénée.

Un flot d’hormones se déversent. Et soudain, je me sens planer.

Je crois que je suis ivre.
Ivre de ce morceau, qui bien qu’écorché, me fait vibrer.
Ivre de cette chorégraphie fine et particulière que mes membres supérieurs réalisent sans que je n’ai besoin d’y penser.
Ivre des ondes sonores qui envahissent mes oreilles, jusqu’aux cellules ciliées qui permettent d’enivrer mon cerveau épuisé.

Tout simplement, ivre de piano.
Ivre de mon piano.

 

La semaine a été compliquée. À tous les points de vue.
Ces deux derniers jours, il a été difficile de tenir plus d’un quart d’heure au piano… Je n’y arrivais plus. Les notes, les touches semblaient m’en vouloir que je ne leur ai pas laissé de répit ces derniers temps. Elles ne se laissaient donc plus faire et je n’étais pas satisfaite. Frustrée. Énervée. Je leur en voulais aussi.
Puis, ce soir est arrivé. Je me suis assise, on s’est réconcilié. Les notes se sont envolées.

2 réflexions au sujet de « Ivre de piano »

  1. Oui, c’est ton renard à toi petite princesse. Quand tu l’auras apprivoisé, il sera ton plus fidèle ami, celui des soirs chagrins, des matins lumineux, des instants de velours. Il est déjà compagnon. Pour peu que tu lui consacres le temps des tâtonnements, des p’tits canards, il te le rendra au centuple cet amour que tu lui tends déjà. Prends soin de lui, prends soin de toi

  2. J’essaie déjà de le dompter un peu :) Mais c’est assez frustrant.
    Merci de ton doux message. Je t’embrasse.

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