Quand j’étais petite

Quand j’étais vraiment petite, je voulais devenir institutrice. Autrement dit, professeure des écoles (oui, c’est comme ça qu’on dit maintenant !). Comme ma mère.

Quand j’étais un peu moins petite, je voulais devenir cosmologiste. J’avais la tête dans les étoiles. Comme mon père.

Quand j’étais encore moins petite (mais pas encore grande), je voulais devenir chimiste. Et c’est comme ça que tout a commencé.

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Au début de mon adolescence, j’ai découvert Harry Potter. Oui, le petit sorcier. Vous devez bien vous demander le rapport avec la choucroute, mais si, il y a un rapport. Au fil de mes lectures j’ai découvert les cours de Potions magiques : mélanger des substances pour en faire des produits dangereux ou, au contraire, bénéfiques, je trouvais ça génial. Je pense qu’une vocation a pris naissance dans ces livres. C’est donc tout naturellement que la physique-chimie est devenue une de mes matières préférées au collège et en particulier la Chimie, disons-le.

En 3ème, j’ai eu l’opportunité de faire mon stage de « découverte de l’entreprise » au sein du Commissariat à l’Énergie Atomique où j’ai pu découvrir bien des aspects de la chimie. C’est là que j’ai décidé que la Chimie, ce serait définitivement mon avenir.

J’ai voulu intégrer un lycée parisien dédié, pour faire un bac STL (Sciences et Techniques de Laboratoire) afin de m’orienter tout de suite. Ça aurait été pour moi le début de l’envol. Paris, c’est à 1h de chez mes parents, j’aurais été obligée de prendre un peu d’indépendance et l’idée me séduisait. Particulièrement parce que je me sentais mal dans ma vie de collégienne à l’époque.
Malheureusement, la société étant ce qu’elle est, s’est levé contre moi le bataillon de mes professeurs : « ce serait dommage avec ton dossier de ne pas faire un bac S, tu pourras faire ce que tu veux aussi, mais ça t’ouvrira plus de portes ». Soit. J’avais confiance en mes professeurs, alors malgré mon désir, je les ai écouté.

Je l’ai regretté à de nombreuses reprises par la suite : le lycée, véritable enfer pour moi. Mais ce n’est pas le sujet de ce billet. J’ai donc tant bien que mal passé mes années lycéennes, avec pour seule envie, partir loin.

Les choix post-bac se profilaient, je n’avais pas changé d’avis à un seul moment quant au fait que je désirais faire de la Chimie, de préférence Analytique (oui, oui), plus tard. J’ai donc candidaté à différents IUT de Chimie de France. Mon dossier était moyen, ni réellement bon, ni franchement mauvais. J’avais de bonnes appréciations.
J’ai attendu les courriers de réponse… Tellement attendu. Je voulais l’IUT de Montpellier (c’est dans cette ville que se trouvait mon amoureux de l’époque) ou l’IUT d’Orsay (un des meilleurs de France).
Et les réponses sont arrivées :
– refusée à Montpellier (et dans les autres IUT de province : les parisiens restent à Paris c’est bien connu, priorité aux candidats provinciaux)
– liste d’attente à Orsay
J’ai pleuré. C’était l’incompréhension. Une de mes meilleures amies, avec un dossier identique au mien, était prise à Orsay. Pourquoi pas moi ?

Puis le baccalauréat est arrivé. Il est passé.
Les résultats sont arrivés, eux aussi. Une mention. Pour ce que j’avais travaillé, j’étais assez fière, même si ce n’était sûrement pas mérité. Une bonne note en Physique-Chimie. J’ai contacté par mail les deux IUT pour leur communiquer mes résultats et une lettre de motivation supplémentaire. Pas de réponse.

Le mois de Juillet avançait tranquillement et je ne savais pas quoi faire. Puis par un bel après-midi de cet été débutant, mon frère aîné m’a dit : « mais pourquoi tu ne tentes pas Pharmacie ? Tu veux faire de la Chimie. Tu veux te sentir utile, dans un domaine qui, de préférence, touche à la biologie. Pharma, ce serait parfait, non ? ». Il est vrai que ces refus m’avaient permis de réfléchir et de réaliser que j’adorais toujours autant la Chimie, mais qu’un cursus en IUT de Chimie pure, c’était renoncer à la Biologie. Et plus les jours passaient, plus j’avais peur que cela me manque.
J’en ai discuté avec mon entourage. « Pharmacie, c’est une bonne idée, en plus la faculté de Montpellier est réputée* dans ce domaine ». Puis, c’était peut-être un peu bête, mais Pharmacie était le seul cursus à proposer de la Botanique. Vous vous souvenez ma passion adolescente pour le petit sorcier ? La Botanique, c’était un peu comme les Potions, je trouvais ça génial (et croyez-le ou non, mais je n’ai pas été déçue !).
En l’espace de quelques heures, j’ai réservé un train, emmené tous mes papiers avec moi et me suis rendue à cette faculté avec aucune idée de ce qui m’attendait. Je m’étais toujours jugée insuffisamment douée pour parvenir à faire ces études et je n’avais donc fait aucune portes ouvertes et n’avait presque aucun renseignement sur le cursus. C’est ce qui s’appelle suivre son intuition, sans réfléchir.

Je me suis inscrite. Une nouvelle vie, une nouvelle ville, de nouveaux projets s’offraient à moi. Mon avenir serait donc la Pharmacie.

Pour l’anecdote : le lendemain de mon dépôt de dossier d’inscription à la faculté, l’IUT de Chimie de Montpellier m’a appelée pour connaître mes résultats du baccalauréat (il semblerait que mes mails se soient perdus chez eux, ce qui expliquait l’absence de réponse). Une fois les résultats connus, j’étais admissible à l’IUT. Tout n’a tenu qu’à 24 petites heures. La veille au matin, j’aurais accepté la proposition de l’IUT. Mais ce jour-là, j’ai répondu que j’avais décidé de tenter Pharma. La responsable a eu la gentillesse de me souhaiter bon courage pour la suite.

*Je tiens à souligner, pour un potentiel futur étudiant en recherche d’informations à ce sujet que la faculté de Montpellier est une fac historique. C’est la seule chose qui fonde sa réputation. Pour le reste, je ne connais pas les autres facultés pour pouvoir établir des comparaisons… Mais si je devais conseiller quelqu’un, ce ne serait sûrement pas en lui recommandant une grosse faculté comme celle de Montpellier, embourbée dans ses habitudes ancestrales et son immobilisme effarant. C’est une « grosse fac », je pense qu’il est plus enrichissant (d’un point de vue scolaire ou même relationnel) de faire ce type d’études dans des facultés à dimension plus restreinte.
Ceci est un avis purement personnel, qui manque sans doute d’objectivité.

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