Il meurt lentement

Il meurt lentement

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les cœurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !
Risque-toi aujourd’hui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d’être heureux !

Pablo Neruda

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Ce texte résonne étrangement en moi…

Ode à la vie
Ode au bonheur
Ode à l’imprudence

L’imprudence d’oser se lancer
L’imprudence d’oser croire
L’imprudence d’oser aimer

Se risquer à aimer
Se risquer à tomber
Se risquer à souffrir

Car aimer n’est-ce pas prendre le risque de vivre ? Le risque du bonheur ?

Ma philosophie de vie me dicterait de suivre ce poème à la lettre.
On a qu’une seule vie. Elle est précieuse. Elle est courte. Il faut la croquer à pleines dents. Il faut saisir les opportunités. Il faut prendre le risque de tomber, pour mieux se relever. Il faut se rester fidèle. Il faut suivre son cœur, ses sentiments, ses intuitions.
Mais à force de tomber, ne finit-on pas par s’user, par se fatiguer ? Ne vaut-il pas mieux apprendre à se protéger ?

Alors comment juger la balance bénéfice/risque de cette imprudence à oser ?

Malgré les chutes, les gifles, les douleurs, je veux continuer à croire qu’il faut se risquer à « fuir les conseils sensés », même ceux que l’on se prodigue soi-même, pour quelques instants de bonheur pur. Même si ces instants se concluent par de la souffrance. Car la souffrance ne finit-elle pas par s’estomper ? Et ne pouvons-nous pas à nouveau nous risquer au bonheur ? Nous risquer à vivre ?

Je veux continuer à croire… Et ne pas mourir lentement.

3 réflexions au sujet de « Il meurt lentement »

  1. Merci pour ce texte et le poème de Pablo Néruda que je ne connaissais pas.

    Ce texte m’a beaucoup touché d’autant qu’il confirme que je suis sur le chemin et sans doute sur la bonne voie.

  2. Merci à vous de l’avoir lu et d’avoir pris le temps de commenter. Bonne route et continuez sur cette voie, si c’est la bonne :)

  3. Pablo Neruda
    une vague sur la grève
    l’écume des sens

    Inventer sa trace
    sortir des sentiers battus
    trouver sa lumière

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