Commencement… Et recommencement

Ayant un père pianiste par passion, petite, il m’a vite semblé évident que moi aussi je jouerais du piano.

J’ai donc débuté sur ce ruban, plus blanc que noir, lorsque je devais avoir 7 ans. Tout d’abord avec une amie pendant 2 ans, puis mes parents ont insisté pour que j’aille à l’école de musique, chose qui me repoussait au plus haut point. Faire du solfège, avoir des examens de fin d’année, ces choses-là n’étaient pas compatibles avec ma vision d’un passe-temps. Mais je n’avais pas le choix, mon père avait de « grands projets » pour moi, comme toujours.

J’ai joué le jeu, 5 ans environ. Mais plus les années passaient, moins le « jeu » m’amusait. Au bout de quelques années, il a été possible de ne plus présenter les examens de l’école, tout en suivant les cours. Ça a été un premier soulagement, non négligeable. Puis « ma » professeure a été obligée de cesser d’exercer dans l’école de musique du village (elle était trop occupée). J’ai alors insisté pour arrêter, je travaillais de moins en moins mes morceaux à la maison et la motivation se faisait rare, bien que le plaisir de jouer un morceau était toujours intact. Mais non, refus catégorique du père d’abandonner les cours : « ce serait dommage en plus, tu es douée » *toussote* (il dit ça pour tout ce qui me concerne, l’objectivité sur sa fille adorée est inexistante).

N’ayant pas le choix, j’ai donc poursuivi avec un nouveau professeur. J’ai peu de souvenirs de lui à part qu’il était adorable et que pour la première fois de ma vie on m’a demandé « que veux-tu jouer ? ». C’était un excellent point pour lui, le classique c’est chouette, mais j’avais envie de jouer ce que j’écoutais, ce que j’aimais, pas des morceaux qui ne m’évoquaient rien pour la plupart (et que j’ai totalement oublié d’ailleurs). Néanmoins, il était VRAIMENT adorable… Il ne me mettait aucune pression, à tel point que je ne travaillais plus que sporadiquement mes morceaux à la maison. Quel est l’intérêt de prendre des cours si on ne joue ses morceaux qu’une fois par semaine, le jour du cours ? Aucun. A la fin de l’année, j’ai réitéré ma demande d’abandon de l’école de musique. Mon manque évident de travail, de motivation et sans doute mon état psychologique plutôt précaire à cette période ont eu raison de mon père.

Après 7 ans environ de piano, j’ai donc tout arrêté.

Il m’arrivait bien, ponctuellement, de jouer un morceau ou deux que je n’avais pas totalement oublié, lorsque j’en ressentais l’envie ou le besoin. Mais les événements de la vie ont fait que mon esprit n’était plus à la musique, plus au piano. Puis j’ai déménagé, loin du piano.

Les années ont filé… Ponctuellement, je ressentais un manque. Quand je rentrais chez mes parents (c’est-à-dire rarement), je pianotais quelques minutes par-ci par-là, mais ça se perd vite ces choses-là quand on ne pratique pas.
Puis le manque s’est fait plus insistant, plus régulier. Dans les moments difficiles, quand j’avais besoin de me vider la tête. Ou simplement quand j’entends un morceau superbe et que naît en moi la frustration de ne pouvoir (essayer de) retrouver quelques notes sur un piano…
Mais un piano, ce n’est pas donné. Avec Pharmacie, je n’avais « pas le temps » (je n’ai jamais le temps, avec mes études, vous le remarquerez bien assez vite…). Alors je me répétais « plus tard, quand tu auras les sous, que tu auras fini tes études ». Sauf que le temps passe et le manque est toujours plus fort…

J’ai donc pris une décision.

Pour mes 25 ans, je vais m’offrir un piano.

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